L’ensemble des cartes figurant dans la rubrique « Collection de l’Atelier » peuvent être maintenant téléchargées. Elles sont toutes dimensionnées pour un format type « A0 » et destinées à l’impression papier (la visualisation des PDF sur un écran ne donne qu’une idée générale et appauvrie). La place accordée au poster n’est pas anodine dans la démarche de l’Atelier. Incarnés matériellement en deux dimensions, la carte ou le graphe peuvent être déployés, commentés collectivement, annotés parfois, exposés à des fins de communication. L’impression papier, à différentes étapes de la conception d’un système d’information ou de la construction d’un corpus, vient souvent rythmer un projet collaboratif et constitue un moment privilégié de mise à distance critique, une « respiration » bénéfique où deviennent palpables les territoires numériques avec leurs localités thématiques, leurs frontières et leurs multiples dimensions.

L’exercice de « l’impression poster » a tout d’une phase dévaluation qualitative dans un projet de management de l’information : version après version, on y décèle aussi les « manques », les données absentes ou mal formatées, les extensions possibles ou nécessaires et constituent l’occasion d’orienter (ou de préciser) les objectifs d’un projet et le type de traitements ou de méthodes d’analyse des données. Mais on peut aussi aller plus loin dans le processus de transformation de l’information, en véritables espaces physiques, en dispositifs scénographiques ou en objets. Les imprimeurs et les designers proposent aujourd’hui de nombreuses déclinaisons matérielles originales comme le poster « lino grand passage » au format 4×8 mètres que nous avons déployés à l’occasion de la Ville Européenne des Sciences en 2009 au Grand Palais à Paris (Webatlas/Sciences-Po/Microsoft). Le dispositif scénographique y interrogeait, notamment, ce rapport singulier que nous entretenons avec les pouvoirs instrumentaux de la carte, comme le repérage ou l’orientation à travers une déambulation dans un espace de mots-clefs dédiés aux controverses scientifiques et techniques.

Autre exemple, celui du designer Peter Jeun Ho Tsang, depuis Londres, interroge la représentation de soi à travers l’analyse de son réseau social pour en faire des imprimés et des modèles de vêtements.

Hybridation des dispositifs et des supports, matériels et numériques, permet d’envisager une multitude de solutions scénographiques qui rencontreront, bientôt, les écrans tactiles et toutes les solutions technologiques mobiles.