L’enseignement que je conduis à l’Université de Technologie de compiègne au semestre de printemps 2012 sera placé sous le signe de l’Open Data avec un partenariat avec Data-Publica. L’objectif sera de tester des méthodes de croisement et d’enrichissement des données ouvertes à partir de l’exploration de différents corpus fournis par la jeune société crée en 2010 par François Bancilhon et Christian Frisch. Il faut dire que le choix est large en matière d’exploration de données car Data-Publica est aujourd’hui l’un des acteurs-clefs du domaine de l’open-data (c’est le troisième annuaire de données publiques au monde et le premier portail francophone de la donnée publique et privée). Data Publica indexe, entre autre, les données Eurostat et les données publiques issues de Data.gouv.fr.

Plusieurs cas d’usage des données publiques seront développés, en particulier autour de la mise en place de processus de traitement des données pour les enrichir en les croisant à partir de structures de graphes (et donc des cartographies de l’information au sens où je l’entends) pour déboucher, in fine, sur des solutions de visualisation orientée utilisateur. Ce partenariat sera aussi l’occasion d’étudier/tester les dimensions temporelles et géolocalisées des données publiques et de les traduire en solutions possibles d’interfaces.

C’est avec Guillaume Lebourgeois, un de mes anciens étudiants, que l’idée a germé quelques temps après son intégration à l’équipe de Data Publica où il travaille avec Christian Frisch. Il nous est apparu opportun de sensibiliser les étudiants des écoles d’ingénieurs aux différents enjeux de l’open-data : comme moteur économique, comme source d’innovation et comme forme de valorisation, notamment des données publiques (de l’Etat comme des collectivités territoriales). Mais l’enseignement du semestre garde son orientation expérimentale habituelle : il sera placé encore une fois sous le signe d’une ignorance partagée (de l’enseignant, des intervenants comme des « étudiants »), du refus de séparer « enseignement » et « recherche » et de l’ouverture à toutes les formes ascendantes d’innovation (industrielle, scientifique ou citoyenne). Un semestre prometteur!