Le RADAR du pôle Images et Réseaux est conçu comme un tableau de bord et développé en partenariat avec Linkfluence. Dans sa version actuelle, il est composé de quatre modules sous forme d’onglets accessibles depuis une URL soumise à autorisation : le tableau de bord (ou « dashboard »), la cartographie dynamique, le porte-documents (espace d’échange des informations liés au projet Visir mais qui pourrait devenir une plate-forme collaborative) et une page d’informations générales. La jeune société (fondée par Alain Le Berre et Guilhem Fouetillou) a fait des études de e-réputation et d’analyse des réseaux d’influence son cœur de métier mais dispose aussi d’un capital technologique important, issu de savoirs-faires éprouvés en termes de design d’interface et de méthodes d’indexation des données. Ainsi, les éléments du RADAR sont modulables et reposent sur un principe d’agrégation ouvert d’outils autonomes et évolutifs. Linkfluence travaille en ce moment au déploiement de ses technologies sur supports mobiles.

Le tableau de bord. Le dashboard est dédié au monitoring des informations liées aux projets labellisés et financés depuis 2006. Il est donc plutôt orienté vers l’observation et l’analyse des réseaux d’acteurs coopérants à l’échelle de la Bretagne et des Pays de la Loire avec des fonctionnalités comme le géopositionnement, l’affichage des partenaires par projet ou pour chaque membre, le type de financement, etc.

Techniquement, le dashboard fonctionne un système interactif de tri croisé. Il permet, notamment, d’associer des filtres successifs dans une recherche d’information (une recherche « verticale » comme dans un moteur). On trouvera en ligne une version publique et accessible du dashboard de Linkfluence avec le CableGate RADAR qui permet d’explorer des mémos diplomatiques américains obtenus par WikiLeaks.

Le dashboard peut aussi être utilisé de façon plus synthétique, par exemple pour faire un point sur les projets financés en cours ou produire des données chiffrées générales. Dans l’exemple ci-dessous, il s’agit de faire le point sur les projets en cours en affichant les lieux où se situent les acteurs qui y participent (mais on aurait aussi pu afficher à droite les mots-clés principaux des projets grâce aux choix multi-critères permis par l’interface développée par Linkfluence).

Le dashboard se révèle rapidement comme un compagnon indispensable à l’exploration d’un pôle de compétitivité conçu comme une entité géo-thématique avec ses différentes dimensions sociales, thématiques, géographique ou institutionnelle : Où sont les acteurs ? Qui sont-ils et comment coopèrent-ils ? Sur quels projets ? Coopèrent-ils à l’échelle du territoire et, si oui, sur quelles thématiques d’innovation ? Enfin, l’ensemble des données (ou des tris effectués) peut être croisé à l’échelle temporelle avec la fameuses time-line paramétrable et interactive qui transforme  l’ensemble des tableaux de données en espaces animés. Elle est utilisable à tout moment et donne déjà sur plus de six années une idée de l’histoire du pôle.

 

La cartographie interactive. Elle a pour objectif de fixer la géographie thématique du pôle en affichant les projets (en cours et achevés) ainsi que les termes d’un index comprenant 72 termes ou descripteurs de contenus. L’index thématique du pôle a été composé par des experts et ce vocabulaire contrôlé permet d’associer chaque projet labellisé à 3, 4 ou 5 termes différents qui permettent d’articuler le niveau général de la carte et le vocabulaire plus détaillé des projets ou de leurs résumés. Méthodologiquement, l’Index thématique constitue la clef de voute du système descriptif des contenus, un « noyau » terminologique qui pourra, ultérieurement, être mobilisé pour enrichir les informations internes du pôle de sources externes (web notamment). Par delà les la diversité des projets, la carte montre que le territoire thématique est continu (pas de disjonction, complémentarité des thèmes) et, en même temps, assez clusterisé avec deux grandes thématiques (Infrastructures et Réseaux, Images et Contenus) qui polarisent l’espace – (a) la carte générale, (b) les mots-clés s’allument sur la carte en fonction de leur appartenance à l’une des trois grandes catégories de termes : ici la zone « Infrastructures et Réseaux »).

La carte du RADAR du pôle propose les mêmes fonctionnalités ergonomiques que celles utilisées par Linkfluence dans son Atlas, notamment les cartographies publiques mises en ligne à propos des blogosphères politiques.

Chacun des nœuds de la carte étant actif, il est possible de leur associer une URL externe et/ou des données contextuelles comme les résumés ou toute autre information figurant dans la BDD interne du pôle. Développée par deux maîtres des interfaces chez Linkfluence (Antonin Rhomer et Alexis Jacomy) cette carte est appelée à des évolutions technologiques au cours de l’année 2012. Le RADAR peut en incorporer plusieurs et l’intégration technique est d’autant aisée qu’elle est basée sur l’adaptation de fichiers spatialisés GEPHI.

 

Demain, VisIR phase 3. La phase 3 du projet Visir interviendra lors du déploiement du RADAR auprès des membres du pôle images et Réseaux au printemps 2012. Il s’alimentera des données issues du nouveau système d’information développé pour le pôle et prendra place dans une plate-forme à vocation collaborative. Le chantier méthodologique se poursuit parallèlement avec la conception d’indicateurs inédits de suivi, d’orientation et de gouvernance pour des organisations complexes et/ou distribuées. Visir pourrait aussi comprendre dans les mois qui viennent une offre d’évaluation et d’aide à la conception de systèmes équivalents dans d’autres organisations. En particulier, il s’agirait d’aider à la spécification des objectifs et des étapes de la production d’un tableau de bord profilé pour des acteurs désireux de valoriser leur patrimoine informationnel. Enfin, puisqu’il s’agit aussi de mon métier, je travaille actuellement à la mise en forme finale d’une offre de formation générale permettant de découvrir l’ensemble du cycle de production des cartographies de l’information : données et enrichissement, outils et méthodes de projection spatiale, types de cartographies des réseaux d’acteurs et de connaissances, géo référencées ou temporelles et leurs procédures de remise à jour. Le projet de formation a été  labellisée par le comité de suivi et d’évaluation du pôle de compétitivité Images et Réseaux à l’automne 2011.