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L’événement. Le premier forum national des Instituts de Recherche Technologique s’est tenu à Rennes le 4 octobre dernier. Les huit I.R.T. nationaux étaient présents: M2P, Jules Verne, Railenium, Nanoelec, Saint-Exupéry, SystemX, Bioaster et B-com, l’hôte de la journée. Il a rassemblé plus de 400 personnes, parmi lesquelles Louis Gallois (Commissaire Général à l’Investissement), Stéphane Richard (Orange), Christian Streiff (Safran), Philippe Monteyne (Sanofi), Alban Schmutz (OVH), Thierry Damerval (INSERM), Philippe Archinard (Transgene), Ronan Stephan (Alstom), Guy Cathelineau (Université Rennes 1), Marc Moret (Loiretech), Bruno Revellin-Falcoz (Académie des Technologies), Benjamin Gallezot (DGCIS). Dans son discours de synthèse, Louis Gallois qui a précisé les origines et les missions des huit I.R.T.ainsi que la création de « l’Association nationale des I.R.T. ».

BWWv9I6IUAAFYIbEn début d’après-midi, Vincent Marcatté, le Président de b<>com, a présenté devant l’assemblée la « carte des I.R.T » conçue pour l’I.R.T. rennais par l’Atelier Iceberg. J’étais présent: une expérience riche d’enseignements quand on se rappelle tout le parcours qui nous fait passer des données d’origine à cette cartographie relationnelle qui emprunte aux cartes du métro sa structure schématique et épurée, presque fonctionnelle. Son objectif est de souligner les relations « bi-latérales » des I.R.T. à travers l’analyse de leurs partenaires industriels et scientifiques communs. Seuls 28 acteurs majeurs de la RetD privée ou publique ont été retenus pour concentrer le regard sur l’essentiel: les relations transversales aux I.R.T. en termes de partenariats industriels ou de thèmes de recherche que viendra renforcer désormais la nouvelle association des I.R.T. Avec ce travail graphique abouti de mise en scène des données, l’Atelier Iceberg démontre son savoir-faire d’agence dont les compétences couvrent désormais tous les aspects de la chaîne de production cartographique, depuis les données de départ jusqu’aux événementiels ou aux dispositifs d’accès en ligne.

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Les cartographies de l’innovation. Comme le rappelle la boussole en « vue circulaire », l’un des objectifs de l’Atelier Iceberg est de mettre en place des « indicateurs d’innovation », parmi lesquels la mesure des réseaux de coopération industrielle ou scientifique. A partir du « coeur thématique » des huit I.R.T., on peut déjà esquisser la colonne vertébrale de leurs interactions, notamment à travers des partenariats communs avec les grands groupes industriels autour des domaines majeurs d’innovation comme les matériaux, le transport ou les biotechnologies. Mais l’observation de l’activité des I.R.T. n’est pas le seul terrain où l’Atelier Iceberg teste depuis quelques mois la mise au point d’une batterie « d’indicateurs d’innovation ». Les « 85 technologies-clés 2015« , les 72 projets validés de structures de recherche d’avenir et/ou d’excellence (Idex, Labex, Equipex de la première et seconde vague d’appel à projets) ou encore les « chantiers d’avenir » décrits récemment dans le rapport de la commission « Innovation 2030 » présidée par Anne Lauvergeon à partir de 7 grandes thématiques.

Accessibles sous forme de documents structurés ou de rapports (parfois massifs), ces informations sur la stratégie industrielle actuelle de la France peuvent être en partie croisés (à partir de descripteurs communs) et traités sous forme cartographique et servir, sous forme de « boussoles de l’innovation », pour contextualiser l’activité d’un acteur local (centres de RetD, réseaux de PME, laboratoires ou projets de recherches académiques…). A grande échelle, nous cherchons à identifier des thématiques communes et centrales (au sens des réseaux), comme ce vaste ensemble de projets qui couvre la question du « matériau intelligent » depuis les biotechnologies jusqu’au domaine de l’énergie en passant par les sciences mécaniques ou la chimie. A parcourir tous ces documents et à explorer leurs géographies thématiques, on comprend que la révolution industrielle qui s’amorce (et sur laquelle je reviendrai en détails) est d’abord celle d’une matière transformée (au moins autant que celle de l’information et des réseaux), dont les propriétés évoluent en fonction des échelles (du nanomètre aux mètre carrés des bâtiments), productrice d’énergie, mobile et communicante (intelligence embarquée), mimétique ou bio-inspirée. Dans ces paysages de documents, se dessine une autre veine transversale, celle de la personnalisation et de la traçabilité (thérapies personnalisées, nouveaux biomarqueurs, dispositifs mobiles de communication, exploitation des données d’usage personnelles…). Evidemment, au delà des cartes statiques, on rêve d’une plate-forme en ligne permettant de rechercher des informations mais aussi de les croiser, d’en suivre les évolutions, de les cartographier ou de les visualiser à la volée. Partager avec les usagers quelques-uns des patterns qui nous semble marquer une organisation territoriale et thématique de l’innovation en France, « enracinée localement pour mieux rayonner à l’international » pour reprendre les mots de Louis Gallois ce 4 octobre à Rennes.

8 I.R.T., 8 cartes locales, une carte globale. L’Atelier Iceberg accompagne B-com dans ses projets de cartographie de l’innovation, à partir d’un process de transmission et de traitement des données entre les partenaires. L’objectif est de pouvoir monitorer la vie de B-com depuis son origine à travers la cartographie de ses thématiques, de ses orientations ou de ses projets. Une façon habile de valoriser le patrimoine P¨rocessIceberg2informationnel de B-com mais aussi de rendre traçable le processus d’innovation, depuis les projets locaux et spécialisés jusqu’aux orientations générales de politique incitative et de mise en réseau. L’occasion unique de photographier des formes d’émergence, des inventions, les mutations technologiques à venir dans les domaines des réseaux, des nouvelles images et de l’e-santé (les trois piliers de B-com). Au delà de B-com se profilent les 7 autres I.R.T. (…). Autant de territoires géographique et thématiques à radiographier, et ‘occasions de suivre les politiques publiques de l’innovation en France. Etant donnée la compatibilité potentielle des données cartographiques, il est possible d’envisager une carte globale des 8 I.R.T. déclinable sous de multiples facettes (aspects géographiques et territoriaux, réseaux d’acteurs et de coopération, thèmes spécifiques et transversaux, évolutions temporelles simultanées…). Ce projet cartographique ambitieux pourrait inaugurer un dispositif global de veille, avec ses couches informationnelles: projets soutenus, réseaux de partenaires, publications scientifiques, brevets déposés jusqu’au web et aux réseaux sociaux. Allons, je rêve…en restant persuadé que les méthodes et les outils existent aujourd’hui pour le réaliser.