Merci à tous ceux qui sont venus lire mes deux derniers posts, surtout celui consacré aux données de l’U.T.C. Chacun aura compris qu’ils sont liés: les Chroniques du Web font office de support de cours pour mon enseignement ce semestre et les projets autour de l’analyse des data ont servi à valider les étudiants. Parmi les pistes qu j’ai présentées dans le second post, « L’U.T.C. sous toutes les coutures », quelques-uns parmi vous m’ont fait retour sur le projet d’exploiter nos premiers résultats sous la forme d’un moteur interne à notre université. Je réfléchis encore à son ampleur et aux nombreuses directions qu’il faudra tester, depuis la gestion des données jusqu’aux interfaces.

En attendant, je vous livre le chapitre 2 des Chroniques. « Questions de distances » est l’un des chapitres les plus développés de l’ouvrage (enfin, un « ouvrage » encore virtuel matériellement mais dont j’ai presque fini de rédiger l’intégralité des 14 chapitres).

chapitre2

Le concept de distances peut se prêter à bien des traitements théoriques mais appliqué aux graphes du web et aux technologies de l’information-réseau il m’a d’emblée fasciné dès le début des années 2000. Les mesures du web documentaire et leurs métriques à base graphes dépassent les frontières des statistiques ou de la question des modes de classement des documents dans un système d’information: elles ont transformé un vaste réseau ouvert et distribué en un objet physique, une structure qui possède un diamètre, une densité, une circonférence, presque décomposable en parties distinctes. Dès mes premières lectures sur le sujet, il y a longtemps maintenant, j’ai acquis la conviction que posséder les clés théoriques de ce qui était déjà devenu le plus vaste systèmes de document de l’histoire permettrait d’imaginer les technologies et les méthodes qui lui seraient nativement associées. Evidemment, les californiens l’avaient déjà compris, avec ce temps d’avance sur le reste du monde qui s’explique pour leur pragmatisme et leur ouverture d’esprit aux pistes scientifiques les plus aventureuses. Le concept de distances appliqué aux structures de graphes fait résonner de bien des façons nos représentations implicites du web, avec des questions qui lui sont complémentaires comme de la temporalité (déjà esquissée dans ce chapitre) et la signification de ces mesures si on les considère d’un point de vue plus anthropologique.

Voilà l’essentiel, en souhaitant pouvoir vous embarquer avec moi dans cette première expédition.