Je suis allé récemment rendre visite à la jeune équipe de Nemopay, aujourd’hui installée dans l’immeuble spacieux de venteprive.com à côté du stade de France. Thomas Recouvreux, Mathieu Guffroy, Arthur Puyou vivent aujourd’hui une belle aventure de jeunes entrepreneurs comme on aimerait en voir tant en France.

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(de gauche à droite: Florent Thévenet (en stage), Thomas recouvreux, (moi) et Mathieu Guffroy – deux des trois cofondateurs de Nemopay – et Jo Colina, un autre camarade de l’UTC en stage dans la société)

J’ai croisé les 3 jeunes associés pour la première fois dans mon enseignement à l’Université de Technologie de Compiègne. C’était en 2012 lorsqu’ils étaient étudiants en informatique. Leur discrétion comme leurs compétences techniques m’avaient fascinées dès le début et, pour tout dire, je me suis attaché à eux depuis lors. Pour valider mon enseignement, ils avaient imaginé un dispositif à base de graphe (évidemment!) qui s’appelait PicBrothers (le «PIC» c’est le foyer des étudiants de l’U.T.C.): ils avaient extrait des comptes facebook des étudiants de l’université les albums photos qu’ils traitaient ensuite avec face.com (l’application de reconnaissance de visages) en injectant dans leur système le trombinoscope de l’UTC. PicBrothers permettait ainsi de produire des graphes relationnels où les nœuds représentaient les étudiants et les liens leurs apparitions dans les mêmes photographies! Dans un texte consacré à la culture émergente des data sciences, j’avais signalé durant l’été 2012 l’exemple de PicBrothers comme dispositif original de data processing.

Quelques mois plus tard en 2013, Thomas, Mathieu et Arthur ont suivi avec moi une unité de valeur «Projet» pour concevoir et développer leur projet d’entreprise PayUTC, qui deviendra en 2014 la start-up Nemopay grâce aux conseils de deux de mes collègues de l’U.T.C. (Jospeh Orlinski et Véronique Misséri). Les trois compères se lancent dans les solutions cash-less ou «sans monnaie», autrement dit le paiement électronique ou e-paiement. Avec une carte magnétique ou un bracelet on peut payer à l’Université ses consommations au foyer mais aussi ses photocopies ou les laves-linges, à condition d’ouvrir un compte en ligne pour le recharger. Ce qu’il y a pour moi de fascinant, c’est l’interface de gestion du système, le back-office avec ses fonctionnalités: état des stock par point de vente en temps réel, état continu du chiffre d’affaire, statistiques côté client…Quelques-uns des étudiants de l’université produisent maintenant chaque semestre des cartographies à partir des données prêtées par l’équipe de Nemopay, comme celle basée sur le graphe étudiants-marques de bière consommées dans l’un des posts récents.

Le terrain de jeu sur les data est immense et l’on n’en a guère exploité tout le potentiel. Dans sa première phase, Nemopay a visé le marché des portes-monnaies électroniques pour les écoles, les événements, les centres de vacances, les commerces…L’équipe de Nemopay a par exemple déployé son système cash-less lors de l’UTCéenne en 2014 au Parc Astérix avec la gestion de 3 bars, 3 stands de nourriture, 2 caisses et plus de 3 500 participants. A peine créée en août 2014, Nemopay est rachetée en décembre 2015 par Weezevent (qui a fait entrer venteprivee.com à son capital en 2015), une société qui vend un logiciel de billetterie et d’inscription en ligne pour les spectacles, les événements sportifs, les congrès, les concerts ou les festivals. En rachetant Nemopay, Weezevent possède désormais une nouvelle corde à son arc avec la dématérialisation des flux monétaires et les nombreux avantages que procure la gestion des flux de ventes de tickets mais aussi les stocks et l’établissement de la comptabilité en temps réel. Quelle trajectoire en aussi peu de temps pour Thomas, Mathieu et Arthur! Quand je les ai revus il y a quelques jours, rien se semblait pourtant les avoir changé: comme au temps de PayUTC, la même passion et la même gentillesse les animent encore aujourd’hui. A la différence, peut-être, que ce sont eux qui accueillent désormais leurs camarades de l’UTC en stage! Allez, bon vent à vous trois…